Accompagnement

J’accompagne les groupes et les personnes dans différentes visées :

  • développement d’une posture et d’une pratique pédagogique,
  • remise en mouvement personnelle et/ou professionnelle,
  • appréhension de ses forces et fonctionnements cognitifs et sensoriels.

Accompagner ?

Accompagner, c’est ici mettre en place le cadre nécessaire aux explorations les plus justes pour qu’une personne puisse s’ajuster à l’environnement dans lequel elle se perçoit vivre (ses croyances, ses visées, son environnement matériel,…).

Par exemple, supposons que l’expression artistique puisse nous aider à trouver des manières d’agir utiles à transférer dans de multiples situations. Pour autant, « accompagner » ne se résume pas selon moi à dire à un groupe de personnes de s’exprimer artistiquement dans un climat bienveillant pour qu’elles puissent agir ensuite avec plus de fluidité dans un contexte professionnel par exemple.

Cette manière de procéder consisterait à dire qu’il suffit d’effectuer un geste pour qu’on le reproduise dans d’autres contextes.

C’est juste, il suffit d’un geste (je développe cette hypothèse dans l’émission Perceptions : « Nos gestes, nos manifestations »), mais de quel geste parlons-nous ici !

Les expériences et les recherches contemporaines nous permettent d’aller beaucoup plus en profondeur dans la réflexion sur les conditions d’un accompagnement potentiellement efficace.

Intégrer le rythme de la personne et de ce qu'elle vit, veiller à sa propre posture dans l'accompagnement, l'amener à repérer ses mécanismes d'apprentissage et ce qui la mobilise, instaurer la confiance bien au delà de simples consignes, intégrer les différents niveaux de conscience de la personne, laisser une place au vide créateur de mouvement, comprendre l'apprentissage en général,... tous ces éléments nous emmènent sur des terrains passionnants qui m'occupent dans une quête d'un accompagnement juste.


La « confusion »

La confusion n’est pas dans ma pratique un état que j’évite systématiquement. Lorsqu’il est léger et temporaire, le sentiment de confusion peut ouvrir la voie à l’incertain.

Ne pas être certain de ce que l’on perçoit ou croit est une condition essentielle à un réajustement qui ne soit pas purement idéel (imaginaire) mais qui allie aussi les sensations (expérience sensible) .

La confusion est aussi un guide éthique très protecteur dans ma pratique d’accompagnement individuel ou de groupe. Je propose des pistes, des outils, cependant ni moi ni les personnes que j’accompagne ne connaissent ce qu’ils visent lorsqu’ils viennent se former.

Le mouvement

  • Lorsque je pense qu’une manière d’agir est juste pour moi, je n’ai pas encore nécessairement décidé de mettre en pratique cette manière d’agir, qui reste une idée.
  • Lorsque j’ai décidé de mettre en pratique cette idée, j’ai mobilisé mes forces, interrogé les freins et accepté les renoncements nécessaires à d’anciennes manières de faire qui ne me sont plus profitables. Je n’ai pas encore nécessairement effectué le pas, le mouvement, qui rend pratique cette idée.
  • Lorsque, dans un élan de foi, je mets en mouvement l’idée, il arrive, si c’est le bon moment, que le mouvement mimé, ou tenté, me fasse incarner cette idée. Dès lors, la nouvelle sensation vécue me guide pour agir de manière plus ajustée à chacun de mes pas.
  • L’ajustement s’est opéré lorsque la question du mouvement ne se pose plus. Un mouvement ajusté à notre environnement (notre entourage, nos possibilités physiques, nos émotions, notre lieu de vie,…) est sans doute un mouvement qui s’exprime sans plus être objet de questionnement.

Une explication possible, si nécessaire

Albert Bandura définit l’agentivité comme la capacité d’un être à agir sur le monde, les choses, les êtres, à les influencer ou à les transformer. Imaginons que comme le suggère Albert Bandura nous agissons en fonction de :

  • notre environnement (auquel nous n’échappons pas tant que nous sommes vivants au moins)
  • notre expérience passée (nos peurs, nos bonheurs, nos fantasmes)
  • et nos comportements (qu’ils soient automatisés ou inédits ).

Chaque fois que mon environnement se modifie, cela peut modifier mon expérience et mes comportements.

Réciproquement, mon expérience passée ou un comportement peut modifier ma perception de l’environnement.

Ces trois composantes sont toujours en interrelation mouvante. Chacun de mes gestes et actions est tissé d’émotions et d’idées contrôlées et non contrôlées. Chacune de nos expériences est vécue sensoriellement aussi bien qu’influencée par des idées dont nous sommes plus ou moins conscients.

Chacun de mes gestes est une expression vitale.

Ajoutons enfin que chaque instant que nous vivons est une expérience au sens plein, c’est-à- dire une rencontre inédite entre notre environnement, nos réactions sensorielles, nos idées, et l ’interaction réciproque de ces éléments. Par exemple, chaque fois que je revis un souvenir, l’environnement qui le fait émerger, les sensations qui y sont associées participent à une nouvelle expérience inédite.

N’allons pas solliciter uniquement les idées figées que nous nous faisons sur nous même.

La démarche s’impose. Les idées nous permettent de nous situer de manière stable dans notre environnement. Accompagner les transformations suppose de solliciter les mécanismes qui guident nos mouvements.